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Couples : contexte actuel et thérapie

Ecoute… Expression… Besoins…. Dialogue… Communication… Rencontre….Relation… Equilibre…

Nous privilégions tous ces principes dans nos relations sauf … en cas de crise.  Quand le couple est en crise, tout se confuse au niveau émotionnel, tout se mélange et on n’y voit alors plus très clair.

Les conflits familiaux ont la particularité d’impliquer des personnes qui sont amenées à entretenir des relations dans le temps, relations qui sont par définition de nature affective.  Comment dans l’immédiateté des situations prendre en compte la dimension affective et les aspects fonctionnels du couple?

La difficulté d’aujourd’hui c’est que ça va vite. Au quotidien, il faut jongler avec soi, avec l’autre, le couple, la famille, une carrière, une vie sociale, les impératifs journaliers…..

Sous le poids des injonctions sociétales actuelles, nous sommes constamment priés d’être performants et d’atteindre rapidement nos objectifs.  Nous allons vite, nous parlons vite, nous pensons vite et nous solutionnons vite…  Une des déformations de notre mode d’agir actuel est de vouloir “obtenir un résultat immédiat, de passer le plus rapidement possible de la constatation du problème à sa solution sans prendre le temps d’écouter les vrais enjeux”.

Comment ne pas céder au climat d’urgence?  Comment penser juste et bien face à cet impératif omniprésent d’agir et de réussir vite?

Où est le temps pour s’arrêter et regarder ce que nous vivons? Le temps de l’émotionnel n’est pas le temps de l’horloge…

L’option que je privilégie, c’est d’entrevoir l’espace thérapeutique comme un lieu et un temps pour se rencontrer, être en présence, se poser de soi à soi et de soi à l’autre.  C’est un espace tiers en dehors du temps social, une temporalité, un suspens…  Le temps de reprendre conscience de soi pour retrouver le sentiment d’être agissant plutôt qu’agi dans ses choix de vie, en respectant sa propre vitesse émotionnelle.  C’est le temps de mettre en mots notre pensée afin de pouvoir l’exprimer au plus juste.

Au cours des trois dernières décennies, notre contexte social actuel connaît de grandes mutations qui changent la donne des couples actuels.

On assiste notamment à :

  • l’émergence de la société de consommation où le couple est un consommateur,
  • l’allongement de l’espérance de vie,
  • l’épanouissement et la banalisation de la sexualité,
  • l’éclatement des valeurs familiales traditionnelles et l’apparition de nouvelles formes de familles,
  • la privatisation de la famille où chacun entend prendre ses options librement,
  • la psychologisation des relations entre les individus par la diffusion massive de références psychologiques et l’essor du développement personnel,
  • d’importantes mutations au niveau du droit familial dont les dernières réformes ont permis notamment la simplification des procédures de séparations, le droit aux relations personnelles, l’exercice de l’autorité conjointe,
  • la libéralisation de la famille contemporaine où la vie commune est aujourd’hui décidée librement entre deux individus sur base du lien affectif.  Le couple, libéré de toute fonction sociale et économique, se vit dorénavant au fil des aléas de l’attachement amoureux.  L’amour étant un lien électif et fluctuant, et dès lors fragile, qu’en est-il de la pérennité d’un couple?
  • La vie de couple est désormais gouvernée par des principes d’attachement affectif et d’épanouissement personnel.  Il s’agit aujourd’hui de se réaliser personnellement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du couple. Comment concilier aspirations personnelles et vie de couple?  Le couple serait alors, selon l’expression d’Irène Thiry, un “itinéraire partagé”, où chacun disposerait d’un espace d’accomplissement personnel.

Les couples d’aujourd’hui sont traversés par de nouvelles valeurs et sont amenés à réussir la gageure d’intégrer dans leur vie de couple des notions telles que le respect mutuel, l’autonomie, une vie sexuelle épanouissante, une vie sociale enrichissante, des loisirs en suffisance, la réussite professionnelle et matérielle, la réalisation personnelle, le besoin d’espace-temps pluriels qui puissent tenir compte de soi, du couple, de la famille et de l’autre….

Bref, le défi des couples modernes revient à “former de l’être-ensemble sans se renier soi-même” comme le résume assez bien le sociologue,  François de Singly.

Le couple est désormais fondamentalement responsable de son propre avenir, de sa réussite ou de son échec et de sa durée.  Comment vivre au quotidien cette nouvelle et grande liberté?

On peut dire que la question de la relation de couple s’est élargie, complexifiée, singularisée.  En l’absence de modèle ou plutôt face à la pluralité des modèles existant, chacun invente, innove selon des critiques singuliers et donc subjectifs, selon le principe du libre-arbitre.

Ce serait quoi le couple d’aujourd’hui et les valeurs “sûres” qui le fondent pour chacun de nous?

La thérapie de couple est un espace et un temps pour déposer et poser le couple.

Une occasion aussi de changer d’angles de vue, d’échanger ses lunettes…

… de mieux définir et exprimer ses besoins,

… d’élaborer des solutions adaptées à son histoire et à sa structure de vie,

… de réinventer de nouvelles options pour gérer les conflits de façon créative, autonome et durable,

… de favoriser et légitimer l’expression des sentiments qui accompagnent le conflit, dans la réalité de chacun,

… de développer les aptitudes de chacun à communiquer ses demandes et ses besoins et à se rendre compréhensible à l’autre pour parvenir à une intercompréhension de ce qui se joue entre partenaires.

C’est partir de la reconnaissance du sens de chacun pour aller vers une construction de sens commun.  C’est avoir une plus grande connaissance de ce qui se passe dans la situation pour chacun et entre les personnes par l’identification des représentations, des émotions et des projets qui sous-tendent la relation.

Partant du constat que nos malentendus sont des “mal-écoutés” qui résultent eux-mêmes de “mal-exprimés”, de “mal-dits” et de “non-dits”, il est essentiel d’être au clair avec ses registres de communication et d’être attentif au langage émotionnel que nous utilisons pour pouvoir disposer d’un vocabulaire commun.

Pouvoir clarifier sa pensée et l’exprimer le plus justement possible, permet de s’entrevoir différemment, à l’occasion de la rencontre à l’autre.  Avoir de nouveaux mots ouvre sur de nouvelles représentations de soi et du monde et sur des perspectives jusqu’alors ignorées.  C’est ouvrir la situation pour la reconstruire dans une réflexion commune et une communication plus constructive.

C’est aussi prendre responsabilité de ce que nous créons dans la relation.  Savoir être acteur de soi, implique qu’en toute situation, il n’y ait aucune recherche de “c’est la faute à qui?”

Pour Claire Denis, médiatrice, “être responsable, c’est être présent à soi-même et aux autres, être auteur de ses paroles et de ses actes”.

L’important c’est qu’est-ce qu’on fait ensemble dans la relation sachant que chacun est ce qu’il est. C’est comment la relation peut fonctionner en partant de la réalité de chacun et comment faire du nouveau avec la différence de chacun.  Ce n’est pas regarder ce qu’on est mais comment on est en relation.  C’est le “ensemble” et le “comment ensemble” qui sont privilégiés.

Décembre 2012

Valérie ENNEN
Gestalt-thérapeute, médiatrice familiale

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